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26/03/2010

Web 3.0 : l’internet du futur ?

int.jpegAlors que nous n’avons pas encore achevé de mesurer en quoi le web 2.0 modifie notre manière de concevoir l’accès et la diffusion de l’information sur le Web et nos pratiques pédagogiques associées, n’est-il pas prématuré d’avancer le terme de Web 3.0 ? Le risque n’est-il pas de se perdre à trop vouloir suivre la technique et ses effets de manche ? Alertons le veilleur qui est en nous, ce professionnel attentif qui s’efforce de penser avec un temps d’avance !


Le titre : web 3.0, l’internet du futur
Le titre de cet article est influencé par un dossier de la revue La Recherche du mois de novembre 2007 : « Web 3.0, l’internet du futur, ce qui va changer dans l’accès à l’information ». Il est possible de consulter le sommaire en ligne. Ce dossier prétend contribuer à la réflexion par le biais de quatre articles consacrés à Google et ses futures évolutions, au web sémantique de Tim Berners-Lee, aux questions de sécurité sur internet et à l’évolution technique du réseau mondial.

Le moins que l’on puisse dire c’est que le dossier, ambitieux par son titre, n’épuise pas la question. Il nous appartient donc de prolonger cette interrogation : qu’est-ce qui va changer dans l’accès à l’information ?

Faut-il, comme certains s’empressent de le faire, « labelliser » cette interrogation sous le terme de Web 3.0 ? Il serait sans doute du plus haut intérêt de questionner cette surenchère de numérotation web (0.9, 1.0, 1.5, 2.0, 3.0) pour en mesurer la pertinence analytique, chronologique, pédagogique, etc.

Conférence Web 3.0

Constatons de manière pragmatique que le terme existe (Google renvoit 239 000 000 pages pour « web 3.0 » le 30 novembre 2007 ! voilà bien du buz !), qu’il fera même l’objet d’un cycle de conférence à Paris , les 10 et 11 décembre 2007. Le site consacré à la conférence est en anglais. Vous trouverez également de nombreuses informations sur le blog de Loïc Le Meur, organisateur de la manifestation depuis quatre ans (avec l’aide de sa femme Géraldine Le Meur). Rappelons que Loïc Le Meur est un chef d’entreprise diplômé d’Hec, fondateur de cinq entreprises sur le Web ("startups").

Repartons du Web 2.0

Le web 2.0, selon de nombreuses définitions pas toujours éclairées, représentait (mettons-le au passé) la volonté d’intégrer l’internaute de manière plus significative et interactive. Citons en vrac :
- amélioration des techniques de recherche ;
- développement des réseaux sociaux (Second life hier, Facebook aujourd’hui) ;
- veille automatique par l’intermédiaire de systèmes d’agrégation de contenu (fils RSS, ATOM, etc.) ;
- citations automatisées de contenus exogènes : syndication de contenus
- personnalisation des interfaces web selon les utilisateurs ;
- simplification des possibilités de publications personnelles (blogs, wikis, CMS, etc.) ;
- catégorisation externe des informations/indexation sociale (par les auteurs des contributions, par les communautés de lecteurs, folksonomie)
- partage de flux audio (pair à pair), vidéo (Youtube, Dailymotion, etc.) ; partage d’images (Flickr, etc.).

Cette énumération (nécessairement lacunaire) révèle la difficulté de circonscrire un phénomène qui associe des pratiques d’écriture, de partage d’information ou de données à des techniques de publication ou de diffusion de l’information. Et il faut déjà passer au 3.0 !

Pour en savoir plus en matière de Web 2.0 je recommande particulièrement un dossier très complet (en français) par l’inventeur du terme : Tim O’Reilly.

O’REILLY, Tim. What is Web 2.0. Eutech SSI. Disponible à l’adresse : http://www.eutech-ssii.com/ressources/view/1

Web 3.0

Le web 3.0 pourrait peut-être (dans le cadre d’une définition a minima) représenter l’effort que les acteurs du web consacrent à ordonner ce foisonnement créatif. Partant de cette tentative, il est d’abord question de constater (à nouveau) la prégnance de la numérité et de ses épiphénomènes (redocumentarisation). Il convient ensuite de constater que le Web 2.0 n’est sans doute qu’une amplification de pratiques et de tendances déjà présentes sur le web depuis sa création. Ces deux constats conduisent à conclure que l’explosion documentaire numérique devient une conflagration avec les risques que l’on sait : dilution de l’information, monopolisation -qui peut incarner une tentative maladroite de compenser la dilution (ex. Google)-, incapacité à traiter le volume des données, état limite du système physique, etc.

Comment éviter la dispersion, comment créer du lien entre les données ? Cette interrogation serait certainement reprise par Tim Berners-Lee, un des fondateurs du Web qui s’efforce aujourd’hui d’incarner au sein du W3C la tentative d’imaginer et de concevoir des ponts entre les grands ensembles du web.

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