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10/12/2010

Média étrangers interdits d’émettre à Abidjan

De la censure à l'autocensure dans les médias
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L’annonce a été faite le jeudi soir même suite de la proclamation des résultats provisoire par le président de la CEI à l'Hôtel du golf, aux alentours de 20h30, par le Conseil ivoirien de la communication audiovisuelle : les émetteurs radio et télé des médias étrangers sont coupés à Abidjan, jusqu’à nouvel ordre.

C’est une vieille recette : on bloque l’information étrangère, pour mieux contrôler l’info « autorisée », fabriquée sous l’œil du pouvoir.
Depuis des lustres, les régimes autoritaires sont passés maîtres en la matière, et RFI, très écoutée en Afrique, n’en est pas, loin s’en faut, à sa première coupure : au milieu des années 2000, la radio avait même été interdite de FM à Abidjan pendant plus de deux ans !

Reste que ce qui se passe depuis quelques heures suscite des inquiétudes très particulières. D’abord, à cause de l’histoire douloureuse entre la station et le pays : en 2003, à Abidjan justement, le correspondant de RFI avait été exécuté d’une balle en pleine tête par un policier ivoirien ; au delà de l’électrochoc au sein de la rédaction, cet assassinat avait marqué de façon dramatique la déliquescence des relations entre la Côte d’Ivoire et la France.
– Les journalistes étant subitement considérés non plus comme des passeurs d’informations, mais comme des gêneurs, ou des relais de l’ancienne puissance coloniale.
- L’année suivante, le journaliste indépendant Guy-André Kieffer avait été enlevé par des hommes en armes – on n’a jamais retrouvé sa trace. Et, il y a une quinzaine de jours, un autre journaliste français du site www.koaci.com a été roué de coups par des partisans du Nationaliste.

D’ailleurs, cette fois, ce n’est pas seulement RFI qui est privée de diffusion, mais tous les médias internationaux, type TV5 ou France 24 la BBC même si, dans les faits, de par son audience considérable (34 % à Abidjan, 39 % sur l’ensemble du pays), la radio reste évidemment la première visée par la censure… « Lors de la dernière grande coupure d’émetteur, nous avions largement basculé sur les ondes courtes », explique la directrice déléguée de RFI, Geneviève Goetzinger.

Mais cette fois, Internet pourra-t-il prendre le relais ?

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