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13/01/2011

Crise Ivoirienne: Les signes de l’imminence d’une guerre civile

les violences se poursuivent à Abobo, au moins cinq policiers tués.

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Des scènes de violence se sont poursuivies dans la nuit de mardi 11 à mercredi 12 janvier 2011, à Abidjan dans le quartier d'Abobo, où cinq policiers ont été tués victimes de «tirs à l'arme lourde». Les Forces de défense et de sécurité (FDS), loyales à Laurent Gbagbo, avaient investi, mardi, cette commune majoritairement favorable à Alassane Ouattara.
Depuis mardi matin, Abobo, quartier populaire dans la partie nord d'Abidjan, est le théâtre de violences. Mardi, au moins deux civils et deux policiers ont trouvé la mort alors que plusieurs habitants de ce quartier signalaient des échanges de tirs. Les tirs n'ont pas cessé durant la nuit. Selon des sources sécuritaires, au moins cinq membres des forces de l'ordre sont morts dans la nuit.

Cinq policiers ont bien été tués dans la nuit dans ce quartier populaire. L’information a été confirmée par différentes sources. Outre les cinq tués donc il y a eu également de nombreux blessés dans les rangs des forces de l’ordre.


Les Forces de sécurité s’étaient déployées dans le quartier aux environs de minuit. De nombreux jeunes ont fait barrage à la hauteur de la mairie. D’après plusieurs témoignages, ces jeunes ont utilisé des armes lourdes. Ils affirment d’ailleurs avoir pris ces armes à des policiers qu’ils ont attaqués.

Plusieurs véhicules des forces de l’ordre ont également été incendiés. Il y a de nombreux blessés parmi les jeunes, nous dit-on. Certains évoquent aussi des décès mais pour le moment personne n’a vu de corps.

Des tirs ont été entendus une bonne partie de la nuit, entre minuit et cinq heurs du matin, comme disait un habitant au micro de RFI ce mercredi. Puis, de nouveau, dans la matinée.

Plusieurs jeunes sont toujours rassemblés dans le quartier. Ils font brûler des pneus. Et la situation reste très tendue. Il y a un important dispositif de sécurité qui était déployé en fin de matinée tout autour du quartier qui est situé au nord d’Abidjan. Mais on ne signale pas de mouvements particuliers.

En revanche, c’est calme dans le reste d’Abidjan qui a connu, ce mercredi matin, un fort ralentissement de l’activité, même si beaucoup de gens et de voitures qui circulent dans les rues de la capitale économique ivoirienne.

Concernant les violences en Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo a déclaré dans un entretien diffusé ce mercredi sur les chaînes françaises i Télé et Canal+ : « Il faut que ça s’arrête. »

Témoignage d'un habitant d'Abobo au micro de RFI

« Aux environs de minuit quarante, on a entendu un très grand coup de feu, les tirs qui ont sonné, on n’a jamais entendu ça. Ce sont des armes extrêmement lourdes, je peux vous assurer. De là tout a commencé. On a senti des échanges de tirs entre les deux forces, jusqu’à environ deux heures et on a ensuite entendu des bruits de chars qui sont rentrés au niveau de l’autoroute. Aux environs de trois heures ils ont recommencé à tirer.

Jusqu’à ce matin on a appris qu’il y a eu des cargos (des camions de transport militaires) brûlés. Il y a eu des morts d’hommes aux ronds-points. Je ne me suis pas approché pour voir, parce qu’il y avait encore des boules de feu.

Les coups de feu ont beaucoup diminué en intensité. Mais la nuit d’hier, je vous assure qu’aucun homme d’Abobo n’a pu dormir. Mais on ne sait pas ce qui s’est passé dans la nuit. Tout le monde était à la maison et la ville est morte au niveau d’Abobo.

Les forces de l’ordre patrouillent un peu. Ils sont encore beaucoup. C’est tout ça qui me fait peur. Parce que c’est le même scénario qui s’est passé à PK18, pour tomber sur la population civile. Présentement il n’y a pas d’arrestation ni de tirs sur la population civile, je peux vous assurer ça ».


Côte d’Ivoire: Les signes de l’imminence d’une guerre civile.

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Les choses semblent s’accélérer en Côte d’Ivoire. Depuis quelques jours, les affrontements fréquents, avec leurs lots de morts, dessinent le schéma d’une guerre civile imminente entre partisans de Laurent Gbagbo et ceux d’Alassane Ouattara.

La longue impasse politique en Côte d’Ivoire commence à lasser. Les partisans d’Alassane Ouattara veulent desserrer l’étau autour de leur leader ; tandis que les jeunes patriotiques cherchent à offrir à Laurent Gbagbo les conditions d’un réel exercice de son pouvoir. Une bataille sourde sur fond d’un enjeu de la conquête de l’espace. Mais lorsque les forces de défense et de sécurité s’en mêlent, les choses prennent réellement les allures d’une guerre civile. Des milliers de populations prennent la direction de la frontière avec le Libéria, offrant un décor d’une véritable guerre civile, en Côte d’Ivoire. Car, c’est une véritable confrontation à l’arme lourde qui a lieu, en ce moment, dans plusieurs localités du pays. Le pire scénario auquel on pouvait s’attendre et que beaucoup d’observateurs redoutaient, néanmoins.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation commence sérieusement à dégénérer. C’est pourquoi, sentant l’imminence de l’éclatement d’un conflit social, les forces onusiennes en Côte d’Ivoire avaient réclamé d’autres éléments pour renforcer leurs troupes. Un dispositif supplémentaire devant permettre à l’Onuci de mieux s’atteler à la protection du quartier général d’Alassane Ouattara. Mais sur le terrain, déjà, les populations continuent de tomber sous les balles des forces de défense et de sécurité, fidèles à Laurent Gbagbo. Ce qui laisse présager de lendemains incertains en Côte d’Ivoire.

Aujourd’hui, faute d’un consensus sur l’option d’une attaque armée, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest semble avoir perdu tous ses moyens. Un immobilisme qui laisse du terrain à l’Union africaine, dont l’émissaire, Raila Odinga, est retourné, hier pour la deuxième fois, en Côte d’Ivoire. Le Premier ministre kenyan, qui a débarqué à Abidjan en pleine confusion, a tenté vainement de convaincre le président Gbagbo à lâcher le pouvoir. C’est pourquoi, de plus en plus d’ailleurs, le choix d’une intervention militaire, en Côte d’Ivoire, se précise. Même si, sur le terrain, les propositions de sortie de crise se multiplient de plus en plus entre les deux camps. Dernière en date, le projet de la mise en place d’un gouvernement d’union nationale par Alassane Ouattara et incluant des membres du président sortant. Un plan récusé par Laurent Gbagbo, qui se définit toujours comme le président de la République ivoirienne.

Mais les nombreux massacres sur les populations, imputés à ses éléments, risquent de précipiter et de justifier une probable intervention armée en Côte d’Ivoire. Un choix aux risques périlleux pour les populations et les institutions, avec une situation déjà explosive au niveau interne.

Abdoul Aziz AGNE
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