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13/02/2011

Les leçons de l'Egypte : les despotes tremblent, partout en Afrique noir surtout une Côte d'Ivoire en crise

Un message universel: Reste enfin l'impact géopolitique, immense, de cet événement. Qui prend les DICTATEURS Africain, leur soutient et l'Occident par surprise

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Comment ne pas être transporté par les images en provenance du Caire ? Comment ne pas partager la joie de ces millions d'Egyptiens de toutes catégories sociales et de toutes croyances qui ont abattu en dix-huit jours, à mains nues, un dictateur qui semblait inamovible, si sûr de lui qu'il se préparait même à une succession dynastique ?

Comment, aussi, ne pas être impressionné par cette deuxième révolution pacifique en l'espace d'un mois, renversant des présidents au pouvoir depuis trois décennies, autoritaires et corrompus, protégés et cajolés par les puissances occidentales pour leur rôle de rempart contre l'islamisme radical ?


La Tunisie avait pris tout le monde par surprise, mais les experts avaient mis en garde contre la théorie des dominos en soulignant que ce pays ne pesait pas lourd géopolitiquement, que l'Egypte c'était autre chose… Rien n'y a fait, les mêmes causes ont produit les mêmes effets, et le plus grand pays arabe, celui qui a toujours donné le « la », a basculé plus vite encore que la petite Tunisie.

Ces révolutions ne ressemblent à aucune autre. Pas de leader charismatique, pas d'organisation secrète, pas d'armée clandestine…

Mais plutôt des groupes sur Facebook, des tweets, des vidéos sur YouTube, et beaucoup d'idéalisme d'une jeunesse qui aspire à vivre autrement. Les réseaux sociaux n'ont pas « fait » la révolution, ils ont permis à une génération de s'inventer un espace de liberté virtuelle qu'elle n'a eu de cesse de vouloir faire passer dans le monde réel. Et de faire la liaison avec les exclus du système, comme Mohamed Bouazizi, le jeune vendeur de légumes qui s'est immolé le 17 décembre à Sidi Bouzid, déclenchant involontairement un mouvement d'ampleur historique.

Deux questions après l'exploit des Egyptiens. Que se passe-t-il une fois le tyran parti ? Et que se passera-t-il dans les autres pays arabes dont aucun, absolument aucun, ne peut être à l'abri de l'onde de choc des événements de Tunis et surtout du Caire ?
Egypte et Tunisie : difficile transition

En Tunisie comme en Egypte, la difficile transition est lancée. Dans un cas comme dans l'autre, les manifestants ne veulent pas voir survivre des pans entiers du régime du dictateur sans le dictateur. Et ils ne veulent pas voir « leur » révolution confisquée par ceux qui ont les moyens de la leur voler : l'armée ou les islamistes, les seuls à être structurés et relativement cohérents en l'absence de grande force d'opposition démocratique.

Mais la première, vraie question brûlante est : à qui le tour ? C'est celle que se posent les peuples arabes, c'est celle que se posent les autocrates qui les gouvernent.

Le calendrier des protestations s'échafaude au rythme des groupes Facebook : l'Algérie dès samedi, Bahrein le 14, le Maroc le 20 février… Et au-delà du monde arabe, l'Iran, le Pakistan bougent au rythme de l'Egypte.

Chaque manifestation ne provoquera pas une révolution : Bahrein n'est pas l'Egypte, le Maroc n'est pas la Syrie ou la Libye. Mais aucun pays n'échappe au cocktail qui a provoqué les révolutions de Tunisie et d'Egypte : une soif de liberté d'une jeunesse ouverte sur le monde, un rejet du népotisme, de la corruption, de la censure, de l'abêtissement érigés en système.

Et des pouvoirs tétanisés, qui se croyaient à l'abri en raison de la peur des « barbus » au couteau entre les dents, et découvrent que ceux-ci ne font plus aussi peur.
Un message universel

Reste enfin l'impact géopolitique, immense, de cet événement. Qui prend l'Occident par surprise, tétanise Israël qui redoute rien de moins que la rupture du statu quo qui pourrait favoriser ses ennemis, fait trembler toutes les dictatures, tous les pays autoritaires, quelles que soient leur latitude et leur culture, au-delà du monde arabe et de l'islam.

J'en veux pour preuve ce magnifique message lu sur Twitter, par dessus les continents, les langues et les cultures. C'est un dissident chinois, dont l'avatar est orné d'un ruban jaune en l'honneur du prix Nobel de la paix emprisonné Liu Xiaobo, qui retweete (retransmet) un message de Wael Ghonim, le « héros » de la jeunesse égyptienne, l'homme qui a fait basculer la situation avec son intervention télévisée à sa libération de détention. Son message (sur la capture d'écran ci-dessous) est limpide :

« Les vrais héros sont les jeunes Egyptiens de la place Tahrir et du reste de l'Egypte. »
Source: Rue89.com

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